Été 2026, à Bourges. Des écoles ferment. Des événements culturels sont annulés. Des salles de fraîcheur ouvrent leurs portes. Des cellules d'urgence appellent, une à une, les personnes âgées isolées. Le maire, Yann Galut, le dit simplement : « on ne sort pas indemne de ce que nous avons vécu ».Le 15 septembre, lors de la 3e édition de Bâtir la ville de 2050, élus, assureurs et bailleurs ont partagé un même constat : 2026 est l'année de la prise de conscience. Alors, comment préparer la ville de demain ?  Voici les principales pistes pour y parvenir.

Anticiper les risques climatiques dès la conception pour bâtir une ville durable

1 milliard d'euros en 1980. 5 milliards en 2026. 10 milliards projetés d'ici 2050. En moins de cinquante ans, le coût des sinistres climatiques a été multiplié par cinq.

Pour Marie-Aude Thépaut, directrice générale de CNP Assurances, « la prévention est clé ». La France a un atout précieux : un modèle d'assurance qui mutualise les risques. Il faut le préserver et le renforcer par une vraie culture du risque.

Mais une ville durable ne se construit pas seule. « On doit faire confiance aux gens du terrain », rappelle Laurent Peyrondet, maire de Lacanau. L'État fixe le cap, les collectivités le font vivre.

La prochaine bataille ? L'eau, après le carbone, prévient Stephan de Faÿ, président d'ULI France.

La réhabilitation dès aujourd'hui pour garantir le confort d'été dans la ville de 2050 ?

Comment garder des logements vivables quand le thermomètre s'affole ?

Tout commence par une cartographie des bâtiments existants, pour repérer les priorités. Viennent ensuite les travaux de réhabilitation, inspirés de pratiques éprouvées en Outre-mer : des logements traversants où l'air circule, des eaux de pluie gérées durablement. Bref, les principes de la conception bioclimatique.

Le surcoût ? Maîtrisé : de 3 000 à 6 000 euros par logement. C'est bien moins que le coût de l'inaction, qui rendrait ces logements non attractifs et impossibles à assurer. Pour Clément Lecuivre, président du directoire de CDC Habitat, c'est « une question de pérennité pour notre modèle ».

À Annecy, 34 écoles sont à rénover, un chantier qui ne serait pas terminé avant 2065. Pire : faute d'avoir pensé au confort d'été, certaines écoles rénovées sont plus chaudes qu'avant ! Le maire, Antoine Armand, a choisi d'agir sans attendre : « Mieux vaut une protection immédiate et imparfaite qu'un perfectionnisme qui laisserait des bâtiments sans réponse face à la chaleur. »

Découvrez les réflexions et solutions partagées lors de cet événement.