15 September 2026 • News
Un jeune renonce à un emploi, faute de trouver un logement. Un saisonnier cherche un toit pour l'été. Une personne âgée voudrait transformer un logement devenu trop grand. Trois parcours, un même défi.Le 15 septembre, lors de la 3e édition de Bâtir la ville de 2050, élus et acteurs du logement ont cherché ensemble à savoir qui habitera la ville de demain. Une réponse s'impose : le lien social. Pour Marine Tournier, d'Action Logement, « le sujet du lien social est aussi important que la caractéristique du bâti ». On vous explique
On n'habitera plus quarante ans au même endroit. Il faut donc des solutions différenciées, pour tous les âges et tous les profils. « Il va falloir accompagner les gens dans leur parcours de vie », souligne Marine Tournier. Certains publics ont besoin de solutions sur mesure. Pour les saisonniers, Action Logement travaille à financer des logements temporaires et à mobiliser le parc privé.
Surtout, il faut de nouveaux logements. Comment ? Par la réhabilitation et la transformation des bâtiments existants, pour leur offrir une seconde vie. Pour Marine Tournier, cette transformation « doit être encouragée et financée ». Le principal frein reste l'absence de modèle économique viable. Julien Chambon, conseiller départemental des Yvelines, va plus loin :
« Créer des logements dans un bâtiment déjà existant, cela devrait être accepté d'office. » Car « on chérit aujourd'hui ce qu'on a construit sans aucune norme il y a 50 ans ».
Construire, c'est bien. Encore faut-il pouvoir livrer. Pour les opérateurs, le problème, c'est la durée des opérations. Les recours peuvent faire perdre huit à neuf ans sur un projet ! Le député des Landes Lionel Causse appelle à agir :
« Il faut avancer sur le sujet des recours. Il faut se responsabiliser et accélérer sur ces sujets, sinon nous n'arriverons pas à faire face. » Gil Avérous, maire de Châteauroux, propose de « contractualiser un délai de livraison » pour les opérations d'intérêt majeur à l'échelle de la commune. Les maires, eux, auraient besoin d'un gain financier tangible pour construire.
L'urgence est aussi sociale. Dans les villes côtières des Landes, le prix moyen du m² atteint 10 000 à 15 000 euros, plus qu'à Paris. Les salaires, eux, restent inférieurs à la moyenne parisienne. Pour le député Lionel Causse, deux sujets sont primordiaux : « la cohésion et la tension sociale ».
La ville durable de 2050 misera donc sur la cohésion entre générations. Elle proposera des logements familiaux abordables en ville. Les travaux seront facilités pour que les personnes âgées puissent transformer leur logement en T2 ou T3. Au final, on parle d'un quartier mixte, où chacun trouve sa place. Et chaque acteur de l'immobilier a un rôle à jouer. « L'objectif est de travailler ensemble : entreprises, collectivités locales, acteurs du logement », conclut Gil Avérous.