15 septembre 2026 • Actualité
Et si la science-fiction nous aidait à imaginer la ville de 2050 ? Lloyd Chéry, rédacteur en chef adjoint de Métal Hurlant, en est convaincu. Depuis son travail sur le Mook, il l'avoue : « Je ne vois plus du tout la ville de la même façon. » Après un âge d'or optimiste, le genre a basculé dans le cauchemar, jusqu'à Blade Runner. Aujourd'hui, le solarpunk résiste et réaffirme qu'un avenir désirable reste possible.Le 15 septembre, lors de la 3ᵉ édition de Bâtir la ville de 2050, architectes, urbanistes et financeurs ont relevé le défi : passer de l'utopie à la feuille de route. Retour sur les échanges et les solutions proposées
L'aménagement du territoire, c'est d'abord oser tester, expérimenter, démontrer. L'action publique ne doit pas craindre d'essayer. Tommaso Vitale, doyen de l'École urbaine de Sciences Po, invite à « sortir un peu du cadre tiré par la norme et les standards ».
Car les blocages sont humains, pas techniques. Il faut apprendre à négocier, et justifier chaque action par la valeur concrète qu'elle apporte. Inutile d'attendre une technologie miracle : mieux vaut tirer les leçons du passé, réussites comme échecs.
Parmi les grands chantiers de l'aménagement : l'intensification des usages. La réponse ? Des bâtiments réversibles. Regardez les immeubles haussmanniens. S'ils ont traversé les époques, c'est grâce à leur polyvalence. « La réversibilité, c'est revenir à du bon sens », résume l'architecte Maud Caubet.
Mais cela se pense avant même la première pierre ! Un logement étudiant d'aujourd'hui pourra accueillir des seniors dans vingt ans. Puis autre chose encore. Chaque projet pose donc la même question : ce bâtiment existera-t-il encore dans vingt-cinq ans ? Marie-Laure Gadrat, directrice régionale Île-de-France de la Banque des Territoires, appelle à réfléchir collectivement à cette mutabilité.
Car les mutations urbaines sont déjà en marche. En 2050, la ville sera plus âgée, avec un marché de l'emploi différent. Le soin deviendra un moteur de cohésion. Il s'agira de prendre soin des personnes, mais aussi des infrastructures qui rendent la vie possible. Déjà peu efficaces faute d'entretien, elles risquent d'être dans un état critique en 2050.
Bref, le renouvellement urbain se prépare dès maintenant. Et comme le rappelle l'architecte urbaniste Djamel Hamadou : « Nous ne ferons pas la ville de demain à quelques-uns. »